Robert Lu,
Président de
China National BlueStar
Quels sont les raisons qui ont poussé une entreprise de chimie telle que BlueStar à investir en France ?
La place qu’accorde ce pays à la recherche. En France, la recherche est prise très au sérieux. Premièrement, le système éducatif est d’excellente qualité : il suffit de regarder le nombre de scientifiques formés dans ce pays. Deuxièmement, le gouvernement français encourage activement la R&D. Lorsque ces conditions sont réunies, tout devient possible.
Adisseo, notre filiale française, fabrique un additif alimentaire très utilisé dans le cadre de l’élevage d’animaux. C’était au départ une petite structure. Elle a mis au point une technologie unique qu’elle a améliorée au fil des ans et a développé son activité de façon intelligente. Elle possède actuellement la plus grande usine de fabrication de ce produit au monde. L’innovation est en effet source de développement.
Les autorités françaises vous ont-elles soutenu ?
Un mois après avoir acquis notre filiale française, nous avons été contactés par l’Agence française pour les investissements internationaux qui nous a présenté des juristes et des consultants, en nous recommandant de ne pas hésiter à la contacter en cas de problème. Nous sommes en relation permanente avec l’AFII. Elle nous informe des nouvelles politiques, des nouveaux systèmes de primes ainsi que des nouvelles filiales. Ses interventions nous ont été d’une grande aide.
Autre exemple : nous sommes systématiquement invités aux plus importantes manifestations organisées par l’Ambassade de France à Pékin. Nous sommes mis sur le même pied d’égalité qu’une entreprise française. Ceci nous a aidé à nouer des relations avec d’autres entreprises et agences gouvernementales françaises qui ont débouché sur nombre de partenariats prometteurs, notamment un contrat d’approvisionnement à long terme entre BlueStar et des entreprises de chimie française.
Pour quelles autres raisons avez-vous choisi la France ?
La qualité des infrastructures françaises. C’est très impressionnant. Prenez par exemple le métro parisien : il bénéficie d’une technicité d’avant-garde. La facilité de déplacement entre Paris et les autres villes françaises a également pesé dans notre décision. Nous avons établi des sièges sociaux à Paris et à Lyon : grâce au TGV, Lyon n’est qu’à deux heures de Paris, porte-à-porte. Du point de vue des vols assurés par les aéroports français à destination du monde entier, Paris est certainement l’un des endroits les plus pratiques au monde.
Que pensez-vous de la main-d’œuvre française ?
Les Français sont très créatifs et veillent à travailler de manière appropriée. C’est une caractéristique que j’apprécie. En Chine, on se contente d’assigner une tâche aux salariés. En France, il est nécessaire d’en expliquer les tenants et les aboutissants. Une fois comprises les raisons et la logique sous-jacente, les Français sont extrêmement productifs. L’enjeu majeur consiste donc à optimiser la communication au sein de l’entreprise.
En fait, notre collaboration avec des salariés français nous a conduits à repenser nos propres processus de gestion. La gestion d’entreprise française est à l’avant-garde des meilleures pratiques internationales. Leur expérience nous a beaucoup appris. Cela nous a incontestablement aidés à perfectionner notre structure de gestion.
C’est dans le très prestigieux Palais Brongniart qu’a eu lieu le 13 Décembre 2011 la troisième édition du « Club des investisseurs brésiliens » organisée par l’AFII.