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Une fiscalité souple et allégée pour les cadres impatriés
Le régime fiscal et social des impatriés est à nouveau amélioré par la LME, dans le but de favoriser l'implantation de cadres étrangers.
Afin de faciliter l'arrivée en France de cadres étrangers de haut niveau, la LME prévoit une nouvelle amélioration notable de la fiscalité applicable aux cadres impatriés. Une de plus puisque, mis en place en 2004, ce régime fiscal a déjà connu plusieurs corrections, la dernière en date ayant eu lieu fin 2007. (…) Cette nouvelle amélioration a été largement soutenue par l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII). Et « notamment la possibilité pour les cadres concernés de choisir le système le plus avantageux pour eux », précise aux « Echos » Philippe Favre, président de l'AFII. (…)Philippe Favre souligne le fait que la LME « contient d'autres mesures importantes pour la venue en France de cadres étrangers, notamment en matière de cotisation retraite ». Le texte prévoit en effet que les ressortissants des pays avec lesquels il n'existe pas de convention sociale seront exonérés de cotisation retraite en France pendant six ans. « Une mesure particulièrement intéressante aux yeux des investisseurs chinois et indiens », explique le président de l'AFII.
La France, pays européen le plus attractif pour les entreprises
La France est le pays d'Europe le plus compétitif pour l'implantation des entreprises, selon une étude présentée mardi par le cabinet de conseil KPMG et qui bouscule certaines idées reçues.
L'étude intitulée Choix concurrentiels 2008, réalisée par KPMG Canada, compare les coûts d'implantation des entreprises dans 136 métropoles et neuf pays membres du G7 ou de l'Alena. Elle porte sur 17 secteurs d'activité et intègre aussi des facteurs environnementaux comme l'éducation, le logement, les infrastructures ainsi que l'impact de la fiscalité et de mesures incitatives.
Les trois premiers pays - Canada, Etats-Unis, Australie - sont tous dans la zone dollar. Suivent dans l'ordre la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Italie, le Japon et l'Allemagne.
Malgré un taux de change défavorable - l'euro s'est apprécié de 24% face au dollar depuis la dernière étude en 2006 - l'écart de coût de la France par rapport aux Etats-Unis n'est que de 3,6%, souligne KPMG.
Dans le domaine de la recherche et développement, la France est là aussi le premier pays européen et le deuxième mondial à égalité avec les Etats-Unis, le Canada arrivant en tête. Par rapport à 2006, la France a même accentué son avance par rapport aux autres pays européens, ce que KPMG explique par une politique fiscale plus favorable - le crédit d'impôt recherche - et des coûts de main-d'oeuvre très compétitifs.
PARIS PREMIÈRE MÉTROPOLE D'EUROPE
Pour le coût de la main d'oeuvre, la France se classe quatrième au niveau mondial - après Etats-Unis, Canada et Australie - et, là encore, première en Europe.
Si le taux de prélèvements obligatoires est de loin le plus élevé avec 43% (contre 8% au Canada, 9% au Japon et 10% aux Etats-Unis), les prélèvements facultatifs sont les plus faibles (20%) et les salaires et traitements aussi (51.984 dollars, soit 32.650 euros, en moyenne par employé).
L'enquête chiffre ainsi le coût total de la main d'oeuvre à 84.826 dollars en moyenne par employé dans l'Hexagone, soit 53.273 euros, contre 75.411 dollars aux Etats-Unis mais 107.518 dollars en Allemagne qui arrive en neuvième position.
"La France se classe globalement quatrième et jouit de la structure de coûts la moins élevée des pays européens traités", souligne l'étude de KPMG.
Par métropole, Paris arrive en quatrième position derrière Melbourne, Toronto et Chicago, et devant Naples, New York, Manchester, Yokohama, Francfort et Londres. La capitale française creuse même l'écart avec Francfort et Londres, ses principales concurrentes européennes, depuis la précédente étude en 2006.
"Le slogan 'travailler plus pour gagner plus' change notre image à travers les frontières", a remarqué Thierry Jacquillat, président de l'association Paris-Ile de France capitale économique, lors d'une présentation à la presse en présence de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Cette dernière s'est félicitée des résultats de l'étude qu'elle a mis en rapport avec les mesures prises par le gouvernement pour renforcer l'attractivité de la France, et elle a promis de nouvelles réformes, confirmant notamment qu'une réflexion était en cours sur la taxe professionnelle perçue par les collectivités territoriales françaises.
Le renouveau industriel de Lannemezan
Trois ans après l'annonce de la fermeture de l'aluminerie de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), le site s'apprête à vivre une nouvelle vie. Le belge Knauf, un des leaders mondiaux des fabricants de matériaux de construction, construit une usine de production de laine de verre.
En 2005, rien ne laisser présager une issue heureuse à ce dossier. Lorsqu'Alcan a décidé de fermer cette ancienne usine Pechiney, la région était sinistrée. Peu auraient parié sur une réindustrialisation du site. (…) Ce n'est que début 2007 que Knauf, appuyé par l'AFII (Agence française pour les investissements internationaux) et qui recherchait alors un site en France, s'est intéressé à Lannemezan. « Nous étions en concurrence avec d'autres sites, il nous a fallu répondre très vite. Comme nous travaillions sur le sujet depuis près de deux ans, nous avions de nombreux éléments, comme les plans de masse des bâtiments », se souvient Martin Charron. Or, la réactivité des intervenants a été un des facteurs décisifs dans la décision d'implantation de Knauf. (…) L'usine, qui devrait être opérationnelle en octobre, créera 135 emplois, avec la possibilité d'extensions futures. L'investissement global s'élève à 100 millions d'euros, sans compter le terrain de 20 hectares cédé par Alcan pour un euro symbolique. De son côté, le canadien a déboursé 1,54 million d'euros pour financer la réindustrialisation de son site, somme qui ne comprend pas les salaires de ses employés affectés à la gestion du dossier.
Les produits innovants plus chers en France
Les médicaments innovants sont mieux rémunérés dans l'Hexagone qu'au Royaume-Uni, selon une étude réalisée par un économiste pour le compte des laboratoires. Contrairement à une idée reçue, les médicaments innovants sont plutôt bien rémunérés en France. (...)
Tels sont les principaux enseignements d'une étude réalisée pour le Leem (syndicat des laboratoires présents dans l'Hexagone) par l'économiste Pierre-Yves Geoffard. Lequel a fondé ses observations sur les 130 médicaments lancés en France entre 2003 et 2007 sur la base de leur prix fabricant hors taxe, comparativement à ceux pratiqués dans quatre autres pays d'Europe. Le président du Leem, Christian Lajoux, s'est réjoui de ce que "la politique conventionnelle entre l'État et les industriels a porté ses fruits pour les produits innovants". Il a toutefois déploré la " faible reconnaissance de l'innovation incrémentale "à l'oeuvre dans l'Hexagone.
Autre idée reçue battue en brèche : la France a été le premier pays destinataire en Europe pour les investissements en production pharmaceutique entre 2002 et 2007, selon l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII). À l'inverse, l'Hexagone n'est arrivé qu'en troisième position pour les investissements en recherche et développement dans le secteur.
Les investisseurs lorgnent vers la Chine mais l'Europe reste très attractive
Selon Ernst & Young, la France doit miser sur l'innovation pour rester compétitive.
Si "l'intérêt des investisseurs pour les pays émergents est désormais évident", la Chine attire moins de 8% du total des IDE (...) L'ensemble de l'Europe, de son côté, attire encore 42% des IDE.
L'Europe, quant à elle, "reste attractive par la diversité et la puissance de son marché intérieur, ses capacités d'innovation et l'existence de secteurs d'activité où des acquisitions sont faisables", poursuit-il.
Le nombre de projets d'IDE a augmenté de 15% en 2007 en Europe, détaille l'étude.
En nombre d'implantations, c'est le Royaume-Uni qui arrive en tête, suivi par la France et l'Allemagne.
La France conserve ainsi sa deuxième place européenne, troisième mondiale, malgré une baisse de 29% en 2007 du nombre d'emplois créés par les implantations internationales, contre un recul de 18% pour la moyenne européenne. Les emplois industriels ont notamment chuté de 46%, détaille l'étude.
Ce glissement des emplois vers le secteur tertiaire, propre à toute l'Europe occidentale, n'est "pas nouveau", affirme à l'AFP Philippe Favre, président de l'Agence française des investissements internationaux (AFII). Ainsi "l'automobile, qui était pendant des années la colonne vertébrale de l'investissement étranger en France, n'est plus un moteur", relève-t-il. Selon Ernst & Young, "la France souffre toujours du décalage entre une perception plutôt sévère des dirigeants et la réalité des investissements".
Pour Philippe Favre, ce décalage "tient beaucoup aux 35 heures, qui ont été un désastre en terme d'image économique".
"Depuis un an, l'effet Sarkozy est réel, notamment aux Etats-Unis", estime-t-il toutefois. "On observe une nette amélioration de l'environnement des affaires, grâce notamment à notre crédit d'impôt-recherche ou aux heures supplémentaires", ajoute-t-il.
Selon Ernst & Young, la France doit miser sur l'innovation pour rester compétitive. Dans ce domaine, les décideurs sondés placent la France en concurrence forte avec les Etats-Unis, l'Allemagne et la Chine.